Livre #tousmigrants de Gabrielle Desarzens

Ce nouveau livre qui vient de sortir en novembre 2016 retrace des histoires qui nous invitent à réfléchir. Je viens de le recevoir et je vais le lire. 

#tousmigrantss’inscrit dans le cadre de la campagne 2016-2017 de StopPauvreté. Cette campagne se développe au niveau national – ce livre est traduit en allemand – et vise à sensibiliser les habitants de nos pays aux tragédies qui se cachent derrière la migration, et à l’importance d’agir de manière chrétienne dans ce domaine.

La sortie de ce livre est précédée par une action crossmédia. Celle-ci a présenté d’autres trajectoires de vie en vidéo et en audio sur les médias sociaux, les radios (70 antennes potentielles en francophonie) ainsi que la TV.

StopPauvreté est un mouvement de sensibilisation à la lutte contre la pauvreté sur la planète. Il travaille au sein d'Interaction, en lien étroit avec le Réseau évangélique suisse (RES) et la Schweizerische Evangelische Allianz (SEA), ainsi que Micah Global au plan international. 

Gabrielle Desarzens, journaliste à RTSreligion, donne, pour la quatrième fois dans un livre, la parole à des femmes et à des hommes qui, la plupart du temps, sont sans voix. Après Parole aux pauvres (2008), Parole aux jeunes (2010) et Paroles aux femmes(2014), donner la parole aux migrants s’imposait dans un contexte où la crise migratoire fait oublier à beaucoup l’humanité profonde qui nous unit à tous les réfugiés sur l’ensemble de la planète.

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stoppauvrete.ch




Avec des réfugiés

On entend beaucoup parler de réfugiés ces jours-ci. Les médias nous les présentent comme un danger. Jusqu'à présent des réfugiés pour moi c'était un concept abstrait. Jusqu'au jour où j'en ai rencontré.

Dernièrement non loin de mon lieu de travail, des réfugiés se sont installés dans un bâtiment vide. Des gens venant du Nigéria et de Gambie se sont installés.

Et une personne a eu l'idée d'organiser un Barbecue et de les inviter.

Donc après le travail par une belle soirée ensoleillée, un groupe d'une trentaine de personnes sont venus. Ils ne parlaient pas français. Il a fallut donc communiquer en anglais.

C'était l'occasion de parler avec quelques uns de ces réfugiés. Les conversations étaient assez simples mais l'important était de communiquer. Et d'un coup ces gens sont devenus des humains. "Tu aimes cette nouritures ? Oui Non etc.. Moi je ne dors pas ici mais dans un parc. Pour téléphoner avec ma famille c'est dur car je dois acheter des cartes prépayés et avec une carte de 10 Fr j'en ai pour quelques minutes. Ma mère n'a pas internet et elle ne sais pas utiliser un ordi donc je suis obligé d'utiliser un téléphone."

C'était quelque chose de très simple. Je n'ai pas pu ou osé poser des questions sur leur parcours ou la raison qui les a mené ici et j'étais d'ailleurs mal à l'aise avec ces questions indiscrètes et privées.

A la fin de la soirée un jeune d'une vingtaine d'année dit : C'était vraiment sympa !!! Il semblait content de cette invitation.

Ce soir ma vision des réfugiés est différentes. Ce sont des humains. Je ne fais pas de différence entre un migrant politique et économique. Est-ce vraiment si important ? J'ai pu ressentir un petit peu ce qu'ils ressentaient. Attendre toute la journée et ne rien faire. Ne pas connaitre l'avenir. Attendre. Etre dans un pays dont on ne connait pas la langue.

Je réalise alors que je suis un privilègié. J'ai un logement, une famille, de quoi me nourrir, une voiture, de quoi subvenir à mes besoins Bref il ne me manque rien.

us.