Automutilation

L'automutilation est un problème sous-estimé. Pourtant, il toucherait un nombre croissant d'adolescent et de jeunes adultes, essentiellement des femmes. Plus d'un jeune sur dix serait concerné.

En français, on parle « d’automutilation » pour désigner les blessures et atteintes corporelles que l’on s’inflige à soi-même. Le terme n’est peut-être pas le plus adéquat On peut aussi utiliser le mot d'autoblessure.

L’autoblessure est un trouble, au même titre que l’anorexie, la boulimie…

L'automutilation consiste, comme son nom l'indique, à s'infliger des blessures de manière intentionnelle. Cela passe par de petites coupures avec un rasoir ou un cutter, des brûlures, des morsures… L'ado s'impose généralement cette souffrance à l'abri des regards de son entourage, en se cachant dans sa chambre ou la salle de bain. Ces blessures pratiquées de manière répétée n'ont pas pour objet d'attirer l'attention, mais semble-t-il de permettre de contrôler ses émotions, ses angoisses, ses colères… à moins qu'il ne s'agisse d'un moyen de se réapproprier son corps.

Les personnes qui souffrent de ce trouble se blessent physiquement, de différentes manières. La coupure serait la pratique la plus utilisée, mais ce n’est pas la seule.

Généralement, l'automutilation s'atténue avec l'âge, et disparaît après quelques années.
l’autoblessure peut être une façon de transformer la douleur psychique en une douleur physique qu’on a la sensation de pouvoir contrôler. Finalement, s’infliger ces blessures, c’est une manière de « prendre possession de sa peau », d’essayer de reprendre le contrôle sur des choses que l’on subit.

l’autoblessure a également quelque chose à voir avec un « état dissociatif », une « dépersonnalisation » : on n’est plus soi-même pendant l’acte.

Au départ la scarification apparaît pour soulager la douleur psychologique, elle rend aussi « prisonnier » — c’est l’engrenage, l’escalade : les temps d’autoblessure prennent de plus en plus de place, de plus en plus d’importance. L’autoblessure n’est en aucun cas anodine : lorsque l’on se blesse, que l’on est violent envers soi-même, c’est que l’on souffre, que l’on est atteint par des angoisses importantes.

Lire aussi l'article sur les troubles de l'attachement

Signalement au SPJ 

Mise en danger de développement